vendredi 21 mai 2010

En mai, reste sur les quais

Bonsoir
Vendredi de tâches ménagères, les doigts blanchis à la chimie, émulsionnés et falsifiés par les agents déstructurant, le kérosène, et les anti-bactériens des temps modernes.
Enfin vous l'aurez compris, les produits ménagers.
Qui, comme Lynette, aurait forcé sur les médicament.h.a.d.a. , je suis dopée, droguée et hyperactive pour entretenir une maison qui n'est pas la mienne. Mais que ferais-je sans elle, et que ferait-elle sans moi. Les barbecues ne se montent pas eux mêmes (et ne se démontent pas eux même quand il y a eu une erreur) et les tiroirs ne se vident pas dans les poubelles sans moi.
Toute la journée, qui m'a suivie comme une ombre, une voie qui disait que perdu quelque part dans le temps, il y aura toujours une étoile, Valérian. Je me doute que ça m'est pas adressé, a cause du prénom derrière la phrase, ça m'a mis la puce à l'orteil tu penses!

Mon orteil parlons en. C'est comme le reste de moi, en miettes (à part le moral). Mon genou est parti, mes poumons sont partis, mon poignet est parti, ma tête est partie. Depuis, je suis devenue madame Bobo et je péri dans le refregirateur.

jeudi 13 mai 2010

Le jour inoubliable des 4 gâteaux

C'est dans la nuit du 16 avril que tout a basculé, où j'ai changé d'âge. De toute façon c'est pas le calendrier qui décide, l'âge attend la fête de sa dernière année pour passer à la suivante.
Ça valait vraiment le coup d'attendre.

Gâteau numéro 1, l'inattendu

Ce matin, ça tombe bien, je me suis levé tôt, avec le coq et les oiseaux, sans journaux mais avec météo quand même, alors oui les coqs existent et non, c'est mon anniversaire quand même, et si Dieu est bon, il fait une fleur météorologique ce jour la.
Dieu est bon visiblement, mais c'est normal, après tout ce que j'ai fait pour lui.
Non, ce jour la il faisait au moins 20°, et personne s'est gêné pour se découvrir d'un fil (attend un fil c'est rien). Quand j'arrive dans cette maison ensoleillée, je me souviens même plus que c'est mon anniversaire tellement on me l'a pas souhaité de la matinée. Mais pourtant il semble qu'on m'ait acheté une bouteille de bon vin sucré (ça ne peut être que pour moi étant donnée la population alentour) et qu'on ai mis la table sur la terrasse, qu'on ai préparé un repas entier et qu'on m'accueille chaleureusement. J'ai de la chance, d'être dans cette robe, d'avoir cette coupe, d'avoir ces amis et d'être dans ces pompes. Je savoure une des plus belles journées de l'année et je pense a m'évanouir quand en dessert, on m'apporte un moelleux au chocolat (classique, simple et riche), qu'ils ont fait eux même, avec leurs mains peut être même, pour la première fois de leur vie ou ils touchent a un ustensile. Ils ont choisi la recette et l'ont suivi, ont décoré le gâteau avec des vermicelles en chocolat et du sucre glace, et sans être aveuglée par l'exploit on peut dire que c'était délicieux. Il y avait des bougies qu'il a fallu souffler en détruisant toute la décoration (ben attendez, qui c'est qui a eut une pneumonie ici?), ils ont chanté, et sorti du mousseux.
Tout aurait pu s'arrêter la. Mais non.
J'ai un peu trop bu de blanc et le printemps est rigolo soudain.

Gâteau numéro 2, le gato au yaou pour tona, vivin et tatou!
La même journée
Je crois que pour celui la, le titre résume tout. Encore un premier gâteau de toute une vie qui m'est dédie et c'est des mains qui ont 2 ans qui l'ont fabriqué et qui en ont mangé 4 parts. A ce goûter la, on a fait des bulles dans le jardin, vivin a enfin réussi à apprivoiser ma petite L. qui lui high five malgré son tendre côté sauvage.
Maman Améllie est la meilleure des mamans ce jour la (madame bobo était au frigo, prête à réconforter L. qui s'est pété la tetete sur le rebord de la table).

Gâteau numéro 3, celui de la pâtisserie, best family ever

Mon papa a concocté un menu chinois d'anniversaire chinois avec des sushis (japonais), des shao mai à la crevette (ou des raviolis de « méduse » pour ceux qui sont naïfs...), du filet mignon sauce aigre douce et T. a encore relevé le défit de l'extrême et retrouvé la sauce umami dont mon goût ne se remet pas. Elle se marie parfaitement bien avec la méduse, et avec moi. Ma maman a commandé un framboisier. Mon frère a critiqué les blés peint en rouge (il fallait bien décorer la table qu'est ce qu'il faut y faire?) etc etc etc pour les autres convives.
Quelle gentille, gentille famille comme dirait Homer.
A la fin de cette journée, je sens plus mes pieds (les autres les sentent encore me rassurent-ils) à cause des talons et suis repue. Reste plus qu'à sombrer devant deseprate wild host en mangeant des fraises et en se lavant avec un gel de bain parfumé a la fleur de thiaré des îles de cachemire rose en sentant un encens sucré au miel et aux amandes (j'ai exagéré hein).

Gâteau numéro 4, le cheesecake de l'apothéose
Perspectivité.
The day after tomorrow 4 (le lendemain)
Ils sont tous la cette fois. Et jusqu'à l'apéro ils dorment dans les transats et les hamacs au soleil en tenue de civils (jean baskets).
La maison est vide et remplie de ballons géants de couleurs acceptables (rare pour des ballons!), de guirlandes lumineuses de toute beauté et de cacahuètes 1 (1 c'est la marque, pas le nombre malheureusement). Enfin est venue le tendre bal des pauvres.
De la fumée de pomme et de barbecue remplit l'air frisquet mais pas tant (pour le moment, il y a un moment dans la nuit où la température redeviendra presque négative, vous connaissez les St de glaces si vous êtes Isérois).
On est beaux. Désolée ça se fait pas mais la c'est indéniable, quiconque serait entré dans cette fête serait immédiatement tombé amoureux de nous tous (j'avoue que même à moi ça me l'a fait à des moments où je revenais de faire pipi). Ils sont venus en costard, et les nombreuses filles étaient en robes de soirée magnifique en voile noir (oui on avait toutes la même...).
On a bu. Et pas juste au point de trouver le printemps rigolo ou dérisoire ou mégalomane ou astreingeant ou quoique-ce soit. Mais plus au point de rire aux éclats sans raison au milieu du bal flou et coloré (oui il y avait un bal oui). Les gâteaux étaient bien bons, mais moins que les 3 autres parce que ceux la j'avais stressé moi même pour la cuisson et le service, tout est fonction de quel côté de la pelle à tarte on se trouve. Et aussi de si on a renversé une bouteille de mousseux pleine dessus ou pas. Les cadeaux c'était vraiment pas du jeu.
A 7h, un dernier verre et des blinis (on va le regretter mais on le sait pas encore) et c'est l'heure de faire la sieste dans le canapé bleu.

Merci du fond du coeur a la meute.
J'ai plus peur.
Au final mon amour pour vous est définitivement plus fort que l'envie d'aller ou que ce soit.

samedi 27 mars 2010

L'air comprimé à avaler avec un grand verre d'eau

Je sais je sais.
Le chat dort dans le creux du canapé et je n'ai plus qu'a m'y glisser et dormir avec lui.
Et revrire le moment ou emerveillée, je respire sous l'eau. Je savais bien que ca finirait par arriver ce beau jour, de printemps, ou les branchies pousseraient. Mais ca a été moins dur que ca, il suffisait en fait de vetir une bouteille. Jeudi.
J'ai comme deux paires de poumons et dans mon cas c'est pas peu dire. En bas, le silence se fait tout autour et pourtant des dizaines de personnes sont la a quelques metres. Mais moi je suis seule avec une main secourable qui me fait ok, et qui me montre qu'il faut admirer le fond de la piscine, le fond de la piscine. Je sais qu'un jour je reviendrai, la plage d'argent, la vie dans l'eau de la bas.

Il faut revenir sur terre et se secher.
Et profiter d'un week end plus long qu'une semaine en orbite autour du pictocube, la télé.
Ma chere et tendre fiancée la télévision, qui si on evite soigneusement les zones extremes et les south park, et les jt et les fermes des celebrités, renferme des vrais moments d'evasion sur les iles aux orchidées. Et ca peut se partager, devant une pizza et un apéro. La télé c'est la vie et aussi la mort, mais surtout la vie aujourd'hui (et des fois surtout la mort).
Ce sera toi et moi, Martini de noel.

J'adore cette journée et pourtant il pleut des cats and dogs deriere les volets. Je m'en fout il sont fermés. Il y a ce pain d'epice et ces gens la, et il y a toi qui ronronne sur mes tibias, mon petit chat pour toujours.

lundi 8 mars 2010

Baleinoidoscope

J'ai bien aimé Paul Eluard à l'école et Martine a la plage.

Mais il est bien loin le temps ou on cherchait a faire de la poésie a l'École, a part M. l'ethologue qui y croit encore, l'animal, mon compagnon sur cette planète.

On est méchants.

Ça n'a pas de prix un compagnon en ces temps de guerre froide. J'ai du respect pour tout ce qui vit en dehors de nous. Pour ce qui continue a vivre malgré nous. Pour la nature en fait.

Je suis écorchée d'être l'espèce gagnante alors que je n'ai pas joué.

J'ai perdu « mon rapport a la terre » comme tu dis. L'angoisse et la monstruosité ont travaillé a faire d'elle mon ennemi publique n°1.

C'est dommage.

J'aurais été une bonne écolo.

J'aurais fait des efforts pour profiter de la pelouse tant qu'elle était la et j'aurais accepté de vivre dans une hutte jusqu'à la fin, manger des légumes, tout.

Dieu doit pas l'aimer non plus la nature. Ou alors c'est un con.


Moi aussi je suis un con. Resté bloquée sur des évènements indépendants. Impossible de ne pas y penser, le mal est fait.

Chaque jour je survole encore une fois les ruines sombres de la cité des poulpes, plusieurs mètres au dessus du vide, j'ai mal au ventre. Je vois les éclats d'argent, les yeux globuleux et figés qui dérivent tout autour de moi. Un monde transparent de petits animaux étonnés.

La dedans, dans la plus sombre des piscines, j'ai laissé une partie de moi couler au fond. Quand il a fallu revenir a la vie, quelque chose de moi est mort avec le ferry.

La nuit, de la peau grise et brillante sort de la surface en arc de cercle continu et régulier. Je suis au dessus de l'eau plate, et des masses mouvantes immenses passent sous mes pieds.

Il a fallu continuer a vivre pour pouvoir se souvenir jusqu'à la toute fin.

Etholovely

Et ben voila, ou on en est en février, tu me dis de pas arrêter de racler le fromage dans mon assiette parce que c'est cool.

Moi je trouve cool qu'on aille vers le printemps, même si j'ai aussi trouvé cool l'hiver desséchant sans pleurésie. Et qu'a la longue, les neurotransmetteurs puissent agir dans le noyau de la cellule et faire exprimer des gènes muets (cf potentialisations à long terme), une vraie deuxième chance, l'occasion de briller une fois quand on était caché dans l'ombre, ça aussi c'est cool. La biologie, c'est fantastique.

Il a a peine fini de neiger qu'on entrevoit déjà le cerisier en fleurs et le prunus (il aurait été en fleur aussi si il était pas mort). La nature s'est récoltée un gros bout d'humain la pauvre, nous on a un petit coin de nature ça nous suffit bien. J'aime pas le jardin.

Non, en vrai j'adore le jardin, j'adore les noisettes, l'écureuil (surtout farci), les coléoptères, les salades de tomates, l'invasion de fourmi(lle)s, et le hamac. Pour l'instant il pleut. La tragédie ultime.

J'ai encore une plaie des vacances dernières, un choc mental et physique de ce qui vaut la peine. D'ailleurs je vous laisse, j'ai un Corse to find (alors celui la, pour le comprendre! Bon courage)

Penser a décartonner Descartes un de ces quatre, ce facho.


Qui vit dans un ananas dans la mer?

Être fou tant pis.

On prend le pli.

J'aime bien les formes qui m'entourent. Tous ces éléments qui volent dans les airs ou y sont en suspens. J'aime les molécules, les poissons volants en arrêt sur image. J'aime bien l'air.

La baleine, l'obsédante baleine qui glisse chaque jour sous mes pas. Qu'est ce que tu veux a la fin? C'est pas moi qui t'ai chassé pour faire des manteaux, c'est pas de ma faute que tu disparaisses. Fais passer au thon rouge. Mais quand même, je me retourne, tu est toujours la. Tu viens rendre saillant le stress, m'apaiser, rappeler le son sous la mer, jamais oubliable. Le stress parlons en, je lui mettrai un coup de harpon un jour. Je viendrais le vaincre, nager a coté de toi, j'observerai la nature sans y remédier, tu me verra pas, comme tous les autres crustacés qui t'entourent, pleurer de joie.

Épuisée de l'arc de cercle que tu décris, de l'attirance intacte vers le fond, de mes poumons qui tellement souffert pour devenir ces branchies.

C'est la psychose de la mer, le besoin de faire des choses plus fortes que soi, des efforts insurpassables pour tenir loin la peur de la terre. La nuit, je vois les bateaux qui vont sur l'eau, ont ils des ailes? et tout ce qui vit sous la coque et le lest qui tire sur ma cheville comme sur le professeur Arronax.

Le voyage irréel et la marche funéraire. Un tour en dehors du Nautilus.