jeudi 3 mars 2011

L'autre toi

Clair de lune.
Des liens anciens qui se bonifient en vieillissant. Je me vois à travers ces yeux. Je suis cette personne. Traitée comme une princesse et même bien au delà de ça. Bien plus que des colliers de perles ou des colliers de nouilles. Des bals éternels, sous la lune, derrière des cocktails, sous des étendages. C'est un jeu. Prenant.
Qui se joue dans toutes les remarques qui n'ont pas pu être retenues, dans ces films, ces lieux, ces heures. Il reste quelque chose de latent, qui sort de moi par étincelles cardiaques jusqu'à la crise.
Beaucoup de matins joyeux. Beaucoup de couronnes et de temps pour se maquiller. Des royaumes et des moutons, des jeux de cartes, des chaises, des costumes.
Il y a toutes ces choses jalousement gardées, de précieux bouts de papier, des cotillons après la fête. A notre santé, tellement de verres levés, trinqués, sifflés, vidés. Vert, bleu, jaune, rose qui clignote dans ma tête à l'envers. Hier, des rires et des noyades.


mercredi 2 mars 2011

Nicolas

Lorsque l'homme s'éloigne de la nature, son coeur devient dur.
J'ai compris ce qui s'est passé. Il y avait avant tout ça une energie libre, sans ancrage qui détruisait tout sur son passage. Qui a papilloné, appelé la detresse, fait la fête, trop bu et en cherché partout des substances pour s'attacher, des lieux pour grandir, des dangers à affronter. Dans le fond des ruelles, des nuits, des inconnus. Le flot incontrôlable cherchait des barrières pour ne pas déborder et avait à l'époque trouvé la ville.
Ce qui nous a usés et rendu vieux.
Mais ça ne s'est pas arrêté là. La chose était invincible.
Elle a continué sa route, dévoré ma tête et trouvé une issue de secours, juste à temps. J'avais besoin d'un récipient immense pour la déposer, un espace vide, qui serait rempli que de coeurs salés comme les notres. Des coeurs de marins.
La mer a commencé à nous chatouiller les orteils vaguement de la plage. Petit à petit elle a commencé à nous tirer vers elle, nous faire plonger les cheveux, les yeux, les ouvrir, voir. Quelques mètres dans l'eau transparente, puis plusieurs mètres dans des eaux plus troubles. Elle m'a attrapé au milieu de ses griffes et m'a amené jusquu'à un point de noyade, de non retour. Et un jour ne plus voir la côte, se fondre parmi les léviathans.



samedi 19 février 2011

Only girl in the brain

Ah ben d'accord.
Et après ça il faudrait vous aimer quand même. Au terrier les louveteaux et plus vite que ça.
Pour la nuit entière, le uns avec les autres.
Plouf plouf une bague en or c'est toi qui sort! tu bois.
Ça compte pas t'as pas fait "pch" à la fin, je fais ce que je veux.
Jamais je n'ai manqué de denrées. Toute la nuit, mon verre fût à moitié plein, grâce à une bonne âme qui m'alcoolise. On devient tous des babas au rhum, on est tous la et compagnie. Au fil du temps, comme un glissement qui s'opère. L’inaltérable magie du jus de fruit de bas étages et de l'amour de qualité. Un lien unique, qui nous emmène tournoyer des heures, dans les bras les uns des autres, autour de tables, puis de verres, puis de rien. C'est le cours des choses qui est obligé de freiner devant nous (parce qu’on est plus nombreux que lui), d'attendre un moment avant de reprendre sa course (sinon on lui casse sa gueule). On se remettra dans la vie le lendemain, comme après un épisode d'apnée du sommeil, mal reposés, dans un champ de coton, journée maussade. Mais tout ça, c'est le prix du combat.
Il fait froid parceque c'est février, mais il y a un air de printemps qui reviendra. Joyeux anniversaire, tu as fini par avoir vingt ans! Et dans ma tête c'est le printemps, le printemps, le printemps. Ne reste qu'à se laisser emporter, valser et crier, monter le son, filmer, expliquer des choses incompréhensibles et se laisser choir, au fond du canapé, vidés.
Et quand je nous vois à travers mes yeux, au milieu de la piste de cirque, renverser vos verres un peu parcequ'ils débordent, rire parceque ça a débordé, et chanter de tous nos poumons:
humeneun make mi fil! like i'm zi oneli gueurle in the BRAIN! like i'm zi oneli gueurle in the NONE! je me sens vraiment comme si j'étais la seule fille dans le cerveau.

samedi 12 février 2011

Kilos volants sur le fleuve

Tout se tasse, au bout d'un temps. Tu as disparu, et j'ai compris. Que je ne reverrai plus jamais ma grand mère, que tu ne seras plus jamais entrain de chercher dans les bobines, que la recette de ta gratinée de noël est perdue.

A commencé une station debout devant une pente glissante pour ma famille, qui ne trouve pas le courage pour essayer de la remonter, et qui reste les bras ballant devant un tel désastre. Alors je me brise en un milliard de morceaux de glace, disloqués, en poussière.

Mais c'est bien moi qui me suis partout, qui suis bel et bien a l’arrêt de tram, qui a les yeux en l'air sur le fleuve pour un vol de canard. Qui sors le chat en laisse parce qu’il est malade, qui profite du premier soleil pour se régénérer dans un hamac. Régenérer. Générer de nouveau, refaire, produire une nouvelle fois. L'équilibre ne tient qu'a un fil, et le fil est fin, et mes efforts pour rester perchée vains. Le tout c'est « de rester en vie mais ne plus y penser ». Ce que je fais, en m'enroulant dans du sommeil dans ma nouvelle chambre magnifique et en n'écoutant plus jamais la musique pour ne pas prendre de risque et en partant photographier les marais, la petite chèvre et les poules dès que le soleil apparaît. J'aime mon chat comme on aime un bébé humain si on est humain et qu'on aime les bébés humains. Je me sacrifie pour un peuple qui n'est pas le mien, mais qui m'adopte. Je ressuscite quand je vois le plongeur dans les bras de la baleine a bosse, qui la berce dans ses nageoires, sans comprendre pourquoi. Des comportements incompréhensibles, inimaginables. Non programmés. Non hérités. Inespérés. Sans aucune probabilité.

Des tonnes qui volent. Des kilos de matière qui sont en suspens dans les airs, ne pèsent rien, qui peuvent se tourner dans tous les sens, voler, planer, flotter. Sans être contraints par la physique, particules monstrueuses parmi les particules normales.

Solaire polaire

Ça a commencé à me gratter. Un peu.

Dans l'hiver, l'allergie a commencé. Des démangeaisons de ville. Nocturnes, diurnes, irrépréhensibles.

Quand nous étions petits et quand nous étions grands, c'est à dire chaque jour de notre vie, nous avons ramassé des crabes. Avant, je ne voyais que l'étendue des baies grises, un paysage désolé, du sable toujours mouillé, ou la mer s'est retirée tellement loin, qu'on ne pourra plus jamais en atteindre le bord. Il a fallu fuir l'été, aller s'abriter du soleil sous les rochers, et mettre quand même de la crème solaire. La Bretagne, la mer, la grande ombrelle de toute ma vie. Mais petit a petit, tout a changé. Sous les rochers il n'y avait pas qu'un manque de lumière. Il y avait aussi des crabes et des anémones. Sous les rochers Bretons, il y avait la vie. Et la vie je la cherche, partout depuis. Le vent m'accompagne. A chaque minute. Il souffle, la bise, la brise, la brume, la bruine, un déchaînement continu sur le port. Il y a des années, j'ai les cheveux emmêlés avec du vent a l'intérieur. Je les ai dans les yeux, parmi les mouettes, et le goût du citron avec de l'eau de mer. J'ai l'impression que l'eau de mer est remède a tous les maux, qu'elle désinfecte les plaies en y injectant du sable, du crustacé et du sel, et que du coup on devient conservé et pures. Avec du recul, j'ai pris du retard, j'ai manqué d'eau de mer et j'ai failli mourir.

Il y avait un jour que je n'ai jamais savouré au bon moment, parce que ce jour la j'ai cassé mon argentique d'amour et brûlé toute ma pellicule. Mais pourtant, il y avait une tempête de sel et de sable et un paysage infini, sans aucune limite. Au bout du paysage, d'autres habitants. Des systèmes vivants. D'autre lieux. Il se tenait devant moi le phoque moine, rare et loin. Tellement loin que ça nous a tous énerve, merci les taches de graisse a un kilomètre et mes jumelles tremblent et j'en ai marre et j'ai avalé du sable il y a une demi heure et j'ai toujours les dents qui craquent. Plus tard, j'ai réalisé. Des phoques moines, en liberté, en voie de disparition, tenu loin a l'abri de nous, sauvés. Tant pis pour le reste, n pas s'approcher et savourer a distance l'incroyable étendue de l"évolution. Aujourd'hui, j'arrêterai de me nourrir pour un tel spectacle.

Il est loin le sable mouillé et le mauvais temps. Maintenant, l'eau s'est réchauffée et éclaircit. Il fait beau et nous avons découvert d'autres horizons, d'autres spectacles déchirants, d'autres faunes. La passion à pris le dessus et bat, a un rythme fou, avec les flots. Mais quelque soit ou nous sommes, parmi quelles baleines et sur quelle mer, nous n'allons pas oublié le point de commencement, le premiers voyage qu'avait été la Bretagne, qui a fait de nous des porteurs assymptomatiques de la folie de de la nature.


Et bim

Je vais mourir ici. Je regarde océans, par la fenêtre, océans, dans frigo, dans le vide, océans. Elle est loin ma baleine à des centaines de kilomètres de mon micro climat. Je tourne en rond dans cinq mètres sur cinq, derrière les vitres, enfermée parce que dehors il deluge. Le déluge en ville c'est pas la tempête. C'est des averses qui remuent de la crasse. Des torrents sur de la boue, sur des immeubles dégueulasses, sur l'hopital, le stade, la rue. La polution qui nous retombe dessus en gouttes.

J'ai envie de vomir.

Si seulement c'etait le mal de mer. Des embruns, pures, propres. La nature en apocalypse qui envoie tout valser sur les flots. Du grand air. Respirer encore par mes poumons cassés. Etre malade d'iode et de marré. Oui capitaine.

Plus de Grenoble.

Plus du virus.

J'avale de l'eau par le tuba, il y a maintenant des mois. Je vois mes palmes qui oscillent sous moi, au dessus du monde d'en bas, pour reprendre un peu de souffle. Je suis vidée d'energie, ne sens plus mes jambe, gelée, bleue, essoufflée.

Mais il y a un poulpe, parce que quelqu'un à crié « un poulpe! ».

Et d'enormes poissons, qui m'angoissent et m'attirent avec eux dans leur orbite funèbre. Je cherche, je cherche, je nage au milieu d'eux, je veux tellement voir, je vais finir par me noyer. Je vole au dessus des canyons. La peur enfin se desagrege. La plage est loin, je me serai noyée bien avant de pouvoir rentrer.Mes palmes, j'ai trouvé chaussure à mon pied, je vais tellement vite, sans resistance. Tellement de choses à voir et à ne rien entendre à part le bruit des colliers de perles qu'on enroule sur la coiffeuse. Des poissons dans l'eau.

Refuge. Pause. Une bouée.